
Autodérision économique sur fond de billets verts
Lundi 12 Mai 2008 à 10:54
Prévisions noires pour la croissance aux Etats-Unis,
contagion de la crise des subprimes à d'autres compartiments du marché du
crédit, système bancaire américain au bord de l'implosion, difficultés de
financement d'une économie vivant à crédit, déficit gigantesque des comptes
extérieurs américains, politique agressive de baisse des taux de la Réserve
fédérale américaine (Fed), incertitude électorale, envolée des prix du pétrole,
laisser-faire de la Maison Blanche en matière de change, stratégie monétaire
restrictive de la Banque centrale européenne (BCE), impuissance des Européens à
faire entendre leur voix pour affaiblir l'euro, etc. Le dollar ne pouvait que continuer
à chuter, chuter encore…
Donc moi j’ai fait quoi ? Petit boursicoteur du
dimanche qui se voyait grand trader, j’en ai acheté. Et j’ai pris une claque.
Bon j’abuse. Disons une gifle. On dirait que c'est une règle intangible sur les
marchés financiers. Il suffit que tout le monde - économistes, experts en tout
genre, industriels, gestionnaires de fonds, spéculateurs, investisseurs
professionnels et particuliers, hommes politiques - affirme le caractère
inéluctable et irréversible d'une tendance pour que celle-ci s'arrête net et
même s'inverse.
Il y a deux semaines, il y avait
unanimité pour dire que la chute du dollar allait non seulement se poursuivre,
mais s'accélérer. Il s'est nettement redressé depuis.
Le redressement du
billet vert signifie que le mouvement de défiance généralisé des investisseurs
internationaux vis-à-vis des Etats-Unis, né de la crise des subprimes, est
peut-être en train de toucher à sa fin. "Je crois réellement que le
pire devrait être derrière nous", a indiqué M. Paulson. C'est aussi ce
que semble dire, à sa manière, le marché des changes.
Tans pis pour moi. J’arrive
trop tard. Comme d’habitude.
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