
Hommage à Luther King
Lundi 21 Avril 2008 à 11:14
«A Negro killed in Memphis», titra le New York Times, le 29 mars 1968
Le 4 avril 1968 à Memphis, Tennessee, Martin Luther King se rase et passe un costume pour se rendre à un dîner. Il sort un instant sur le balcon de sa chambre du Lorraine Motel. Une balle de fusil lui transperce la gorge, mettant fin à treize ans de combat obstiné contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.
L’histoire de cet homme est donc devenue une légende à cet instant là. Qu’a-t-il pensé, en admettant qu’il ait pensé à quelque chose à ce moment précis ?
Probablement à sa femme et à ses enfants. Probablement.Peut-être aussi un peu, à ce discours devenu symbole qu’il prononça 4 ans et demi plus tôt, le 28 aout 1963 à Washington, face à la statue de Lincoln. Lincoln, lui qui abolit l’esclavage un siècle plus tôt put entendre le pasteur nègre ce jour là constater que «l’Amérique a failli à ses promesses», «cent ans ont passé et le Noir n’est pas encore libre. Cent ans ont passé et l’existence du Noir est toujours tristement entravée par les liens de la ségrégation, les chaînes de la discrimination. Cent ans ont passé et le Noir vit encore sur l’île solitaire de la pauvreté, dans un vaste océan de prospérité matérielle».
L’action non-violente dont Martin Luther King, arrière-petit-fils d’esclave, a été le porte-drapeau aux Etats-Unis «a bouleversé la conscience de l’Amérique et forcé le législateur à des réformes profondes sur le statut des Noirs». Elle a aussi je pense, montré la voix pour toute forme de protestation. Ce que l’on doit retenir d’un tel homme, outre son propre combat, c’est cette détermination, à ne pas tomber dans la violence pour résister à une cause juste. Et ceci, pour mieux la servir.
A son combat anti-guerre, le prix Nobel de la paix ajoute en effet la menace d’une désobéissance civile de masse. C’est le grand projet qu’il tente d’organiser lorsqu’il est abattu, à 39 ans : la Poor People’s Campaign doit faire converger sur Washington les bataillons désarmés de millions de pauvres, Noirs, Blancs ou Latinos, prêts à camper là devant le Congrès.J’aurais aimé voir ça. On n’est peut-être pas passé loin d’un monde plus sympa… A une balle de fusil près, comme d’habitude.
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à 11:23