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marianne
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marianne
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Pédagogie actionnelle:le hard discount de l'apprentissage des langues.

Dimanche 03 Mai 2009 à 12:20


Pub Kydiz

Apprentissage des langues étrangères: nouvelle pédagogie: la pédagogie actionnelle dans de Cadre Européen Commun de Référence des Langues.

Objectif: rendre l'élève capable de communiquer avec un interlocuteur européen dans toutes les situations de la vie quotidienne, vie sociale ou professionnelle.

Pédagogie actionnelle: mettre l'élève en action ( sketch, débats, conversation, téléphonique, affiches, rédaction d 'articles...).
Evaluation: évaluer l'élève sur sa capacité à réemployer les outils linguistiques fournis en amont et limités à ses besoins stricts dans l'exécution de sa tâche.
Consignes: le lexique, les notions et les structures grammaticales ne sont étudiées qu'en fonction des besoins de l'élève pour l'exécution de sa tâche.

Ainsi donc, l'apprentissage de la langue étrangère n'est plus envisagé aujourd'hui comme l'acquisition d'un savoir, mais bien d'un savoir-faire.L'idée -la consigne-, de ne donner à l'apprenant que ce dont il a besoin pour s'exprimer, tant au niveau lexical qu'au niveaux notionnel et grammatical,donne déjà le ton:autant lui fournir un kit de survie en milieu inconnu.Pas besoin de professeur pour cela: il existe des centaines de méthodes dans le commerce.

En tant que linguiste, je considère que l'apprentissage d'une langue étrangère est certes destiné à rendre l'apprenant capable d'utiliser ses connaissances de manière pratique et efficace pour communiquer, mais limiter l'apprentissage d'une langue étrangère à sa seule fonction d'outil de communication me semble bien réducteur.

Apprendre une langue étrangère,c'est aussi apprendre l'autre.C'est découvrir la différence.C'est intégrer l'idée que d'autres existent et fonctionnent différemment.
S'approprier la langue d'un autre pays que le sien, c'est avoir accès à son histoire et à son mode de vie.
Or, quel meilleur moyen d'intégrer la notion de respect de l'autre et la tolérance que de connaître son histoire, et sa culture?

La réduction des heures de langue au collège et au lycée justifie certainement cette nouvelle pédagogie de l'utile.

Plus le temps de s'ouvrir à la culture de l'étranger, à son art, à sa littérature.
Pourtant, qu'apprend-on en étudiant l'art et la littérature d'un peuple?
Certes, l'étude d'un poème de John Keats ne servira pas à l'élève pour son entretien d'embauche dans une entreprise londonnienne; certes, l'étude de Guernica ne lui servira pas non plus pour demander son chemin à Madrid.
Mais au-delà de la formation technique de l'élève, le professeur n'a-t-il pas un rôle d'éducation citoyenne auprès des jeunes qu'il forme?
Ne faisons nous pas partie de l'Education Nationale?

N'est-il pas question de réintroduire la morale à l'école primaire voire maternelle?

Lorsque l'on étudie une oeuvre littéraire, ou un tableau, qu'apprend-t-on? A travers le style, à travers la richesse lexicale, à travers la symbolique, on apprend quelque chose qui me paraît essentiel dans une société: on apprend la nuance, le registre de langue, on apprend l'implicite, on apprend la prise de distance, on apprend l'esprit critique, on apprend à avoir son propre jugement, à l'exprimer et à le relativiser, on apprend donc que d'autres que soi peuvent aussi avoir des choses à exprimer, on apprend à les entendre et à les respecter.

Apprendre la tolérance en découvrant l'étranger, apprendre la nuance en s'approchant plus près de sa littérature et de son art sont pour moi des notions essentielles à la construction d'un individu pour qu'il devienne un adulte respectueux des autres.

Avoir conscience que l'autre existe, c'est déjà un pas en avant contre la xénophobie.

C'est peut-être l'espoir que lorsque quelqu'un ne sera pas d'accord, on respectera son point de vue , sans lui jeter un "casse-toi pauvre con" lapidaire.
C'est peut-être se mettre à l'abri de comportements radicaux et d'une vision manichéenne du monde.

A mon père, qui m'a donné le goût des autres.

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Par borisExcellent article!

Ici c'est l'enseignement qui est mis en avant mais ce n'est malheureusement pas le seul domaine qui est à l'agonie. Je ne fustigerai pas le gouvernement français mais plutôt tout l'occident qui semble vouloir prendre une route uniquement destinée à mieux consommer. Or la consommation pour la consommation ne mènera nul part si ce n'est à un trop plein d'individualisme et à tous les dégâts que cela engendrera.

Les mots sont les ennemis des marchés financiers. D'où la guerre menée à ceux-ci depuis que le marché a décidé de ne plus rien partager.
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le 03/05/2009
à 12:38