
Le QQOCP de l’Université pour ceux qui se demandent pourquoi l’enseignement supérieur se mobilise.
Mercredi 11 Mars 2009 à 19:25
Sauvons l’université et la recherche !
Le QQOCP de l’Université pour ceux qui se demandent pourquoi l’enseignement supérieur se mobilise.
Quand ?
Difficile de « dater » le début du malaise qui règne dans les universités tant les attaques ont été nombreuses. On peut considérer que les décrets qui posent problème aujourd’hui sont le résultat direct de la loi LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités), loi votée en catimini pendant l’été 2007.
La mobilisation de l’ensemble du monde universitaire s’est construite peu à peu durant le mois de janvier 2009 pour aboutir à un mot d’ordre de grève dès début février.
Qui ?
Une des particularités du mouvement réside dans l’unité. En effet, étudiants, enseignants-chercheurs, personnels BIATOSS et même certains présidents d’Université disent non aux attaques du Gouvernement.
Où ?
Partout en France, les Universités mais aussi de grandes écoles comme l’ENS ou Sciences Po se mobilisent. Tous les territoires sont concernés : des petites universités comme Toulon aux grands centres universitaires comme Strasbourg, la grève est lancée.
Comment ?
Les actions sont diverses et, en dehors des dates de manifs, la contestation prend des formes originales: soutenance de thèse parodique de Valérie Pécresse, kermesse, enterrement de l’enseignement supérieur et de la recherche, cours sur les places de grandes villes, nuit blanche de mobilisation avec concerts… Mais devant l’absence de réponses de la part des autorités, les actions votées en AG tendent à se radicaliser et donnent lieu à l’occupation de bâtiments, blocage de fac etc.
Pourquoi ?
Outre la réforme du statut des enseignants chercheurs auxquels il serait demandé d’enseigner plus (non pas pour gagner plus ! mais pour compenser le fait qu’ils seraient considéré comme de mauvais chercheurs, la suppression de plus de 1000 postes dans l’enseignement supérieur, la réforme de la formation des enseignants ou la reforme du financement des universités sont autant d’éléments qui n’ont pu qu’alerter les étudiants sur les dangers qui menacent la fac mais également les plus fragiles d’entre nous. Car ne nous leurrons pas : lorsque les caisses des universités seront vides, ce sont les frais d’inscription qui en prendront un coup…
La logique du bouc émissaire
Le combat mené actuellement dans les universités est à rapprocher des luttes portées par SOS Racisme. En effet, après avoir expulsé 30.000 sans-papiers du territoire en 2008, le gouvernement a transformé l’étranger en un faible, un sans droit, un probable délinquant sur qui il devenait aisé de « taper ». Puis il y a eu les salariés, responsables de tous les maux et dont le gouvernement transforme les mobilisations en preuves de « fainéantise » alors qu’il s’agit pour eux de manifester pour préserver le peu de protection sociale qui leur reste et réclamer une vie un peu plus décente. Dans cette logique du mépris envers les manifestants, le Gouvernement a trouvé une personne qui a su se mettre à son diapason. Ainsi, Laurence Parisot, la patronne des patrons, nous a sorti une « forte » analyse il y a quelques jours : "Je ne comprends pas l'esprit de la manifestation […], c'est comme si quand on traverse une tempête et qu'on est marin, on se met à crier contre la tempête au lieu de tenir la barre."
Bref, dans ce climat délétère où le gouvernement use sans cesse de la logique du bouc émissaire, il devenait donc aisé de faire passer celui qui défend l’université pour celui qui serait en réalité responsable de sa perte.
Mais laissons le mot de la fin à Nicolas Sarkozy qui dit : « "Je dois voir ça avec sang froid, avec calme, réfléchir, ne pas décider en fonction de qui est écrit dans le journal ou de ce que dit celui qui crie le plus fort."
Il faudrait tout de même que Sarkozy fasse bien attention : ça pourrait être nous, étudiants, qui finirons par le perdre ce sang froid
Pour plus d'information sur le mouvement et les réformes :
http://sosfac38.over-blog.org
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à 09:37