photo
coelacanthe38
Inscrit depuis le 19/04/2008
Nombre d'articles : 54 Note moyenne : 3,8 / 5
Nombre de lectures : 24959 Classement de l'auteur : 3 / 376
Blog ou site perso :
fond
chaine
coelacanthe38
Lectures1481
notenotenote

Barack Hussein

Samedi 24 Janvier 2009 à 13:10


Pub Kydiz

Je ne sais pas si cela sera suffisant mais il est indéniable qu'Obama incarne la rupture avec un système de pensée extrêmement dangereux .

Excepté Jimmy Carter, Obama est le seul des récents présidents américains qui soit familier avec la difficulté de vivre, familier avec les quartiers pauvres et les trottoirs des grandes villes.
Il connaît la pauvreté, il l’a même un peu vécue, il sait ce qu’est une maison délabrée, l'insécurité, l'itinérance, voilà ce que possède dans son CV le nouveau président américain.
Cela est une rupture fondamentale, un président qui a passé du temps avec et dans la pauvreté. En fait, c'est le premier président depuis des décennies qui peut se targuer d'avoir passé une heure avec un démuni sans être en campagne électorale. Un président qui n'a pas toujours fréquenté le beau et le bon monde, ce n'est pas rien!

Une deuxième rupture, et celle-là on la sent dans les discours qu'il a prononcés depuis mardi: la complexité du monde est enfin prise en compte par les Etats-Unis.
Les présidents que j'ai mentionnés plus haut avaient peu voyagé, et quand ils le faisaient, c'était en limousine. Leur connaissance du reste du monde était théorique et jamais vécue. Dans la complexité du monde n'existent pas que les rapports de force et les lourds héritages historiques. Il y a aussi la vie, les hantises, les odeurs, les couleurs, les paysages urbains et ruraux. Obama ne possède pas une connaissance du Kenya ou de l'Indonésie qu'il a puisée dans des essais ou des mémos de conseillers; il a touché des univers différents, y a vécu, les a ressentis.

Autre rupture fondamentale. Depuis Reagan, qui fut à mon avis largement aussi dangereux et probablement plus bête que Bush, la politique américaine est organisée autour d'une sorte de rapport à Dieu et à la mission divine qu'il a confiée au pays de lutter pour les valeurs chrétiennes.
Même durant la période Clinton, ce jumelage indécent de Dieu et de l'Amérique a perduré.

Après le 11 Septembre, n’en parlons pas, ce devint carrément un abîme de réflexion !
Bush était peut-être même un pion manipulé par de dangereux idéologues illuminés qui sont peut-être ( j’ai bien dit peut-être ) allés jusqu’ au sacrifice de 3000 américains pour cette cause .
Bush proclama que Dieu avait confié aux États-Unis le devoir sacré de défendre la liberté, la démocratie et sa conséquence bête et idiote, l’adoration du libre marché, qui nous a menés gentiment à la pire crise économique de ce siècle depuis les années 30.

Certes, Obama est croyant, mais depuis son investiture, il semble indiquer que les valeurs qu'il défend ne sont pas messianiques, en témoigne son action pour lever les barrières anti-avortement aux U.S.A.
Ca, c’est bien plus difficile à faire dans ce pays encore très puritain que de fermer Guantanamo, d’autant que ce mouroir avait trop mauvaise presse et ne servait plus de rien .

Certes , Obama pense que les valeurs démocratiques sont américaines et parle beaucoup de la grandeur de l’Amérique . Mais au moins, il parle de démocratie et d'État de droit, de justice et d'égalité, pas devant Dieu, mais entre les humains. C'est un retour aux valeurs civiles de droit et de justice, une rupture avec la paranoïa sécuritaire, avec la guerre sainte que Bush avait décrétée.

Dernière rupture fondamentale, la diplomatie plutôt que la canonnière. Le choix de ses deux envoyés spéciaux au Proche-Orient et en Afghanistan est éloquent. Mitchell a arbitré le conflit «religieux» en Irlande du Nord. Holbrooke, le conflit ethnique et «religieux» en ex-Yougoslavie.

La fermeture de Guantánamo, la dénonciation de la torture, l'engagement pour une plus grande transparence, voilà qui souligne un retour aux valeurs fondamentales de la démocratie. Et puis, semble-t-il, un retour de Washington dans la communauté internationale comme la superpuissance, certes, mais aussi comme un partenaire. Un retour dans la communauté scientifique en permettant les recherches sur les cellules souches, un retour dans la lutte contre le sida sans tenir compte de préceptes religieux, un retour dans la lutte contre le réchauffement climatique et le développement d'énergies nouvelles.

L'homme n’est pas miraculeux mais il semble assez bien conseillé et inspiré, et il arrive à point nommé .
Cela ne peut suffire , surtout si l'urgence de changement qui l'a mené au pouvoir n’est qu' une lassitude de la faillite et une reprise en main de ce pays si riche et si pauvre à la fois .

Sans la crise, il eût été battu, c’est indéniable mais, en étant raisonnablement optimiste, on ne peut oublier qu’il a été élu d’abord aux primaires démocrates, à un moment où la crise ne s’était pas encore affichée, bien qu’elle fût déjà là, tapie dans l’ombre, et surtout devant Hillary Clinton qui avait de solides atouts ; il est donc indéniablement porteur aussi d’un retour aux valeurs humanistes au détriment des seules valeurs économiques et « divines ».

Cet homme peut avoir le rôle de représenter le début de l’élan contre la décadence, aux autres responsables politiques et à nous tous de jouer le jeu, patiemment !


back 
Vous devez être enregistré pour noter cet article
  
réagir
Par SebTB article
photo
le 27/01/2009
à 14:32