
Danger ! Ralentir !
Lundi 01 Décembre 2008 à 18:10
Du neuf, toujours du neuf !
Exemple, en politique :
Il y a le nouveau Front National de Soral, la Nouvelle Gauche de Bockel à ne pas confondre avec le nouveau Parti de Gauche de Mélenchon, le nouveau Parti Socialiste de Ségo, la nouvelle République de Dupont Aignan, le Nouveau Centre de Morin, le Nouveau Parti Anticapitaliste de Besancenot, et j’ en oublie probablement.
A côté de ça, le pourtant récent Mouvement Démocrate de Bayrou paraît moyen-âgeux, l’un peu moins récent UMP fait figure d’antiquité et le Parti Communiste de dinosaure.
Cette obsession du changement , du renouveau, de la nouveauté est dans l’air du temps, nous vivons dans une EOC , AOC pour Ere Obsessionnelle Compulsive.
Changer et montrer qu’on change ( c’est la com) sont les deux principales obsessions de notre temps.
Si les TOC sont une pathologie relativement mineure à l’échelle de l’individu, ils s’avèrent une pathologie grave à l’échelle de la planète.
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Une ère où il est indispensable de changer de chemise tous les jours sous peine de passer pour un dégueulasse, ou de changer de portable tous les deux ans, par exemple.
Si une entreprise ne fait pas de turn-over avec ses cadres, si elle ne déménage pas régulièrement dans des nouveaux locaux, si elle ne change pas sa pub, elle apparaît comme vieillotte et ringarde.
Il y en a qui font leur réputation sur une pseudo stabilité, mais on nage toujours dans les eaux troubles de la com en vouant un véritable culte au dieu de l’apparat.
Si un syndicat ou un parti politique ne change pas ses slogans, idem.
Si vous n’achetez pas le dernier gadget high tech, bon à la limite l’avant-dernier , si vous ne changez pas de look, si vous d’adoptez pas le nouveau langage, un peu de verlan, un peu de franglais, mais surtout pas d’imparfait du subjonctif, ce merveilleux temps pourtant, alors vous êtes dépassé, taxé de passéisme, sauf bien sûr si vous la jouez « rétro », mais en en rajoutant un peu alors, et il s’agit là encore d’une étiquette pour vous faire remarquer.
Avant, il était de bon ton de critiquer la mode, bien qu’on la suivît souvent malgré tout, mais on avait encore le choix..
Maintenant c’est bien pis , la mode , le « in » est une dictature , un comble dans une époque qui se revendique libérale dans tous les sens du terme.
Pourquoi ? Parce qu’on est obligés de changer plus vite que le voisin, le concurrent, qui lui veut changer plus vite que vous, etc… ! Et tout s’accélère de manière exponentielle, les entreprises crèvent si elles n’accélèrent pas.
L’économie moderne nous oblige à foncer toujours plus vite alors que le mur se rapproche dangereusement.
Au fond, nous avons créé sans le vouloir un monstre, même la liberté n'y est pas vraiment, en effet, nous vivons dans une époque libérale mais liberticide.
Nous subissons une sorte de tyrannie sans tyran, pas simple alors de se battre contre elle puisque on ne connaît pas la cible.
Faut-il faire la révolution , pas la numérique (celle-là , c’est de la poudre aux yeux) ? Ne rien faire ou si peu ( ex. le rafistolage du capitalisme) , en attendant que le ciel nous tombe sur la tête et en mettant celle-ci dans le sable ?
La révolution ? On a essayé mais ça ne marche pas parce que ça fait trop de victimes, de dégâts et du coup induit la réaction.
L’autruche ? C’est ce qu’on fait en ce moment, chaos et guerre assurés à court, moyen ou long terme, on peut pas dire.
Il faut absolument prendre le temps de réfléchir, de se remettre en question pour se mettre d’accord sur des valeurs communes qu’il faudra ensuite tenir.
Pour commencer, il est urgent de ralentir sérieusement.
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