
La surprise Royal
Vendredi 07 Novembre 2008 à 17:31
On s’attendait à un résultat serré, on a finalement eu droit à une surprise royale !
En effet, la motion présentée par Gérard Collomb et soutenue par Ségolène Royal est arrivée nettement en tête avec environ 29% des suffrages. Suivent ensuite les motions A et D (respectivement celles de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry) au coude-à-coude avec 25% des voix, la motion C (Benoît Hamon) avec un surprenant 19%. Quant aux motions B et F, elles ne totalisent que 1,5 à 2% des voix. A noter une participation plutôt décevante de 55% des militants à jour de cotisation.
Ségolène Royal reprend donc l’avantage au terme de cette première phase, en marge du futur congrès de Reims et sait qu’elle est désormais au centre du jeu socialiste. En effet, forte du vote des militants qui l’ont placée en tête, l’ancienne candidate PS à la présidentielle a donc une légitimité militante qui s’en retrouve renforcée, ce qui a un poids non négligeable dans la dernière ligne droite dans la course à la succession de François Hollande à la tête du PS. A mon sens, ce résultat logique s’explique par une campagne interne qu’elle a voulue déconnecté de la question des personnalités et de la guerre des chefs, ce qui a parfaitement collé avec l’état d’esprit de nombre de militants socialistes qui ont voulu taper du poing sur la table.
En effet, les adhérents socialistes ont voulu taper du poing sur la table en sanctionnant notamment et clairement la direction sortante dont la plupart des ses membres défendaient la motion A. Aussi, le grand perdant du vote interne est Bertrand Delanoë qui malgré le soutien de l’appareil et de cadres du parti, n’a pas su suffisamment convaincre les militants. Qui plus est, le soutien de François Hollande lui a été préjudiciable à mon sens, ce qui fait dire à Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis et partisan de la motion D, ceci : « Il s’agit d’un vote anti-establishment. Un coup de tonnerre contre la direction sortante et les grands élus ». Sans doute vrai tant qu’un vente de révolte grondait depuis déjà trop longtemps chez les militants.
L’autre grande surprise reste le bon résultat de la motion C présentée par Benoit Hamon. Avec 19% des suffrages exprimés, ce dernier peut désormais consolider l’aile gauche du parti, voire la rajeunir suite au départ de Jean-Luc Mélenchon et de Marc Dolez du PS. Charge désormais à l’aile gauche de notre parti d’apparaître comme force de protestation et non de contestation à l’intérieur de notre formation.
Dès lors, les cartes semblent être rabattues en faveur de Ségolène Royal qui apparemment se laisse encore le temps de la réflexion pour savoir si elle prend ou non la tête du PS. Certains analystes politiques pensent qu’elle reprendra sa candidature, l’actuelle présidente de la région Poitou-Charentes étant légitimée par les militants tandis que d’autres pensent qu’elle pourrait se mettre volontairement en retrait pour propulser une nouvelle génération menée par Vincent Peillon, actuel député européen. Ce ne sont que des hypothèses mais une chose est évidente : il s’est passé quelque chose rue de Solférino [le siège national du PS] et la surprise fut Royal(e) !
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à 20:06