photo
Charlotte
Inscrit depuis le 20/09/2008
Nombre d'articles : 7 Note moyenne : 4,9 / 5
Nombre de lectures : 6573 Classement de l'auteur : 20 / 380
Blog ou site perso : http://sosfac38.over-blog.org
fond
chaine
Charlotte
Lectures993
notenotenotenotenote

La crise n'aura pas que des retombées économiques !

Jeudi 30 Octobre 2008 à 15:30


Pub Kydiz

La crise financière :
Un enjeu pour notre combat antiraciste et pour le vivre ensemble malgré les apparences


La crise des subprimes nous vient d’une des grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis. L’origine de cette crise financière est une loi des années 80 qui stipule que « tous les américains peuvent être propriétaires, sans conditions de revenu, c’est un droit ». Les banques, au regard de cette loi doivent accorder des crédits immobiliers sans se soucier de la solvabilité, c’est à dire de la capacité à rembourser des ménages. Depuis la mise en place de ces principes, il y a bien certains foyers qui ont réussis à rembourser. Or avec un changement conjoncturel de l’économie, une partie des ménages en perdant leurs emplois, en subissant une baisse de leurs revenus…ont perdus la capacité d’honorer leur dette. Ce qui n’est pas un problème en soit, car ils n’ont en théorie qu’à revendre leurs biens afin que la banque récupère sa mise. Il faut toutefois prendre en considération le fait que le marché de l’immobilier, qui était à la hausse s’est retourné, et les prix se sont donc mis à baisser. Par conséquent, lorsque les ménages revendent leurs maisons, suivant le marché, ils la revendent moins cher que ce qu’ils les ont achetés, et donc les banques ne récupère pas l’intégralité de l’argent prêté. Ce phénomène anecdotique en apparence, multiplié par les milliers de foyers américains concernés cause donc une perte considérable pour les banques ayant accordé ces crédits.

En considérant ces pertes, les actionnaires des banques ont commencé à vendre leurs actions, ne faisant plus confiance. Le marché financier s’est donc mis à baisser car tous les investisseurs retirent leurs mises. Et comme tous les marchés et les investisseurs sont interconnectés et interdépendant dans le monde, la crise part de Wall Street et se propage sur tous les marchés financiers mondiaux.

Cette chute des bourses mondiales causés par le secteur bancaire, à la vocation de se répercuter sur ce que l’on appel l’économie réelle. En effet, les banques en accordant des crédits aux ménages, et aux entreprises permettent de l’investissement, de la consommation et donc de l’activité économique. Or, cette crise fragilise considérablement le secteur bancaire, et en particulier la confiance que peuvent avoir les banques pour prêter. La frilosité des banques pour octroyer des crédits va par conséquent causer la baisse des investissements, de la consommation et donc de la croissance économique. Ce phénomène plus ou moins ressenti dans le monde, se répercute toutefois dans tous les pays, car tous les pays importent et exportent beaucoup de leurs productions.

La crise financière au départ contamine l’économie réelle et risque de causer une baisse de la production mondiale, et va donc créer du chômage. Une perte de revenus en général et donc une baisse manifeste du pouvoir d’achat. L’Etat pour pallier à la crise économique va donc dépenser des sommes gigantesques pour essayer de sauver ce qu’il peut.

Pour revenir à la France, le budget de l’Etat est déjà fortement déficitaire, on peut donc imaginer que l’argent qui va aller tenter de limiter les effets de la crise, n’ira plus dans des secteurs considérés comme secondaires. Par exemple une baisse des aides aux associations, aux structures socioculturelles, et donc avec une forte réduction des moyens, l’Etat va limiter les actions qui pourront être menés. Ce secteur qui reste un des derniers à créer du lien social, à transmettre des valeurs, et des principes comme ceux de la République, ne peut se permettre de subir de plus en plus de coupes budgétaires. Une baisse des financements et donc du champ d’action des travailleurs sociaux seront désastreux socialement. Il ne faudrait pas alors s’étonner de voir à nouveau la Marseillaise sifflée, les banlieues s’enflammer ainsi que le reste de la France. On le sait, les associations socioculturelles sont encore les seules présentes sur une grande majorité du territoire, elles sont les plus à mêmes de faire ce travail d’éducation populaire qui nous manque tant, et manque d’autant plus dans la situation de crise économique.

Une autre conséquence, qui à mon sens est plus profonde, c’est le repli identitaire qui peut être causé par une crise économique mondiale, ainsi que la montée des extrémismes qui l’accompagne. Je vais m’en expliquer, en effet une baisse générale des ressources peut conduire à des comportements « xénophobes ». Par exemple la hausse spectaculaire du chômage qui s’annonce en France et même dans le monde (20 millions de chômeurs en plus selon le Bureau International du Travail), va redonner de la vigueur à des slogans de l’extrême droite. De plus la crise qui s’annonce va en premier lieu toucher les emplois les moins qualifiés, dans le bâtiment, et l’industrie en général. Secteur ou les populations d’origine émigrés sont surreprésentés, le risque étant que les ouvriers dits « français » se rapprochent du discours « pour l’emploi, les français d’abord ». Ce glissement donc vers l’extrême droite va aussi se confronter à un discours d’extrême gauche radical que l’on sent monter en France.

Certaines idées d’extrême gauche peuvent par les temps actuels donner l’impression d’être très actuelles. On peut penser à la taxe Tobin, qui consiste à taxer les transactions financières mondiales, mais aussi les propositions de réquisition du secteur bancaire, de dirigisme de l’économie, un retour en force de l’Etat providence qui redeviendrait omniprésent voir omnipotent. Je pense aussi aux propositions de forte hausse des salaires, de l’interdiction de licencier… Toutes ces idées et propositions par leurs radicalités trouvent de plus en plus un écho en France. On peut déjà observer un attrait pour le Nouveau Parti Anticapitaliste.

Ces glissements vers les extrêmes s’expliquent aussi par les résultats de la droite Républicaine, considérés médiocres par nos concitoyens ayant une tendance radicale ou de gauche, et qui de plus ne sait plus à quel dogme se vouer au vu du clash du libéralisme. Mais aussi face a une gauche dite de gouvernement qui paraît bien fade face à un nouveau parti dit anticapitaliste, dynamique ayant à sa tête un leader incontesté et charismatique avec des idées fortes.


Dans tous les cas nous pouvons penser que cette crise peut renfermer les gens sur eux-mêmes, mais aussi monter les gens les uns contre les autres. Chacun cherchant à préserver son mode de vie individuellement, ce qui va créer une forte concurrence d’où nous sortirons tous perdant.


Je conclurais mon propos en conseillant à tous ceux qui auront lu cet article, à ne pas succomber à la facilité de la stigmatisation, à ne pas succomber à la facilité de désigner à la vindicte populaire un bouc émissaire, à ne pas succomber au repli identitaire, et c’est ensemble, solidaire et unis que nous surmonterons toutes les crises.

Vous pouvez aussi réagir à cet article sur le site de Sos Fac Grenoble.
http://sosfac38.over-blog.org

back 
Vous devez être enregistré pour noter cet article
  
réagir
Par SebTrès bon article!
photo
le 30/10/2008
à 16:18
Par coelacanthe38oui, il faut être vigilant, les dérives sont possibles et la crise financière peut être salutaire ou dévastatrice
photo
le 01/11/2008
à 09:32