
Le contrat de défiance
Mercredi 29 Octobre 2008 à 11:24
La ministre de la Justice est décidément dans la tourmente ! Suicides en cascade dans les prisons, colère des magistrats reçus par Nicolas Sarkozy (enfin ceux de l’Union des Syndicats de la Magistrature plutôt classée à droite), impopularité au sein même de son ministère... La vie politique de Rachida Dati n’est pas un long fleuve tranquille et elle est encore « populaire » au sein de la population, c’est beaucoup plus en raison de sa grossesse (qui doit arriver à son terme en janvier prochain) que de sa politique du tout-sécuritaire qui brille par son inefficacité et qui frise le ridicule, à mon sens.
Ainsi, dernière idée en date de la Garde des Sceaux : installer des interphones dans les prisons afin de prévenir tout risque de suicide ou de meurtre. Bon perso, la mesure n’est pas si stupide en soi mais quand même ! Penser qu’installer de genre d’appareil suffira pour prévenir les suicides en milieu pénitentiaire, c’est un peu se moquer du monde (ou alors c’est sans doute une envie de femme enceinte !)
Et il va sans dire que la présence de Rachida Dati, ainsi que ses bourdes à répétitions, commence à agacer la majorité mais également l’Elysée. Nicolas Sarkozy l’a compris et préfère tout simplement prendre ses distances avec elle, cela vaut mieux pour lui politiquement. Fini le temps où il montrait son ancienne porte-parole du temps de la présidentielle tel un trophée, symbole de l’intégration et de la diversité ! Fini le temps, où la ministre accompagnait le président et sa cour dans tel ou tel voyage officiel. Désormais, Sarko fuit plus ou moins Dati comme la peste et préfère prendre ses distances sans pour autant vouloir s’en séparer.
Car Rachida Dati représente encore un intérêt politique et s’en séparer confirmerait tout simplement ce que tout le monde sait depuis le début, à savoir que la ministre de la Justice sert plus ou moins d’alibi dans le gouvernement Fillon et qu’à part représenter un symbole, elle ne sert pas tellement à grand-chose en son sein. Dès lors, la rumeur persistante veut que Nicolas Sarkozy profite du remaniement pour « caser » sa ministre de la Justice à un autre poste moins exposée médiatiquement et politiquement, une sorte de mise au placard ministériel afin de contrôler les gaffes et les caprices de cette dernière.
De fait, un constat s’impose : Dati a réussi à s’aliéner le monde judiciaire français mais également les membres de la majorité politique à laquelle elle appartient. C’est clair, il y a là un contrat de défiance.
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à 11:32