
Quand Sarko se la joue perso (comme d'habitude !)
Samedi 25 Octobre 2008 à 00:53
Sarko se la joue décidément trop perso ! Persuadé d’avoir sauvé le système capitaliste avec sa prétendue énergie et son prétendu volontarisme, pensant qu’il a rendu crédible la voix de l’Union Européenne (et donc de la France) sur la scène internationale, le voilà qu’il se verrait bien à la tête de l’Eurogroupe pour au moins un an, crise financière oblige. Certains même, comme le correspondant de Libération à Bruxelles, Jean Quatremer, n’ont décidément pas froids aux yeux, qu’ils verraient bien en Nicolas Sarkozy un président à long terme du Conseil de l’Union !
Il va sans dire que de telles idées n’enthousiasment pas vraiment nos chers partenaires européens, notamment l’Allemagne d’Angela Merkel qui ne supporte plus l’attitude plus ou moins nonchalante voire arrogante de Nicolas Sarkozy et si on jure du côté de l’UMP que le président de la République n’a pas d’ambition personnelle en ce qui concerne l’Union Européenne, on a bien du mal à croire la majorité !
Certes, l’Union Européenne a répondu présent face à la crise financière que nous subissons et si Nicolas Sarkozy a su réagir, c’est avant tout en raison du bon sens, rien de plus ! D’ailleurs, la recette utilisée pour maintenir la viabilité du système capitalisme s’inspire pour beaucoup des recommandations économiques d’un certain John Maynard Keynes ! Autrement dit, la fameuse « rupture » attendra.
Toujours est-il que si le président en exercice de l’Union Européenne a su réagir, je m’interroge pour autant sur les résultats concrets de son action car il est bien facile de faire le beau, d’annoncer mille et une annonces à la télévision, d’aller subitement voir son homologue américain en plein sommet de la Francophonie… il va sans dire que ce bougisme ne fait que brasser du vent sans compter qu’il s’avère au bout du compte assez peu efficace dans l’immédiat : en effet, la situation économique est loin d’être idéale et de plus, une telle attitude a le don d’énerver nos partenaires européens comme je viens de le dire plus haut.
Cela en devient même une indécence dans la mesure où une fois encore – une fois de trop même – la France brille par son arrogance et se permet d’agir sur la scène internationale comme si elle possédait des idées géniales et que si Nicolas Sarkozy n’était pas là, l’Europe aurait été dans de beaux draps (pour rester poli !) En clair, on nage en plein délire et en pleine mauvaise foi et un tel comportement ne va faciliter les rapports avec nos chers partenaires européens.
« La France est de retour en Europe » clamait Sarkozy lors de la conclusion du traité de Lisbonne fin 2007, ce dernier pensant une fois de plus, qu’il a sauvé la construction européenne puisqu’il en a été à l’origine. Le souci, c’est que Nicolas Sarkozy ne voit quand l’Union Européenne, un prolongement de la France et non un projet collectif, et un projet collectif suppose non seulement une vision commune mais aussi des consensus. Néanmoins, sur la scène européenne, la France de Sarkozy tente d’imposer ses vues sans prendre le soin de respecter ses partenaires. Cela est certes un détail, mais un détail fâcheux qui risque de nous jouer des mauvais tours tôt ou tard car si Sarkozy reste grisé par les résultats de son action face à la crise financière, gare au retour de bâton qui risque de faire bien mal !
PS : à lire sur le site de Libération, un excellent article de Nathalie Versieux sur l’agacement des Allemands à propos de la politique européenne de Nicolas Sarkozy, ce qui change des articles béats et de la sarkophilie de Jean Quatremer et qui fait (un peu) remonter le quotidien de Laurent Joffrin dans mon estime !
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Au bout du compte, on met tout en doute et on le laisse parler et gesticuler.
à 15:56