
Les enfants du communisme
Jeudi 09 Octobre 2008 à 11:15
Les enfants du communisme
De tous les pays au monde, aucun n’a une vie politique digne d’un grand roman comme peut l’avoir la Russie de ce début de 21ème siècle. Ce pays, illustre figure du 20ème siècle est entré dans le 21ème siècle par la petite porte certes, mais compte bien il me semble, reprendre sa place de choix dans l’échiquier mondiale.
A la tête de cet immense pays, des enfants du 20 ème siècle, des ex-agents du célèbre KGB, des hommes qui ont grandi pendant la grande époque du communisme ; qui ont connu la guerre froide, puis l’effondrement du mur, le spectacle de la mère patrie vaincue, livrée au capitalisme et confrontée à la démocratie.
Ils se sont finalement retrouvés au Kremlin à leurs tours, non sans avoir du jouer des coudes et des silencieux sans doutes.
L’histoire maintenant, ils en sont persuadés, leur appartient.
Le chef de file, la tête pensante c’est bien entendu Vladimir Poutine, tout droit sorti d’un roman de Georges Orwell, cet ex-agent secret est un subtil mélange de toute l’histoire de la Russie, un peu Tsar, un peu Rouge, un peu guerrier un peu mafieux et surtout patriote.
Derrière lui, son ombre, son petit frère, Dmitri Medvedev, fraichement élu Président et qui commence à montrer au monde qu’il est fait de la même matière, qu’il vient du même moule. Lui aussi n’a peur de rien ni de personne, lui aussi n’a d’yeux que pour la grandeur du Pays.
Il y a 10 ans, ils auraient pu rendre les armes. Ouvrir le pays aux américains. Les laisser gérer. Mais Niet !
Ils ont baissé les oreilles. Attendu un peu, remis de l’ordre en « interne » pour mieux repartir.
Ils sont persuadés du déclin irréversible de la puissance américaine, piégée en Irak, en Afghanistan et minée par l'effondrement de son capitalisme spéculatif. Ils n’hésitent plus. Ils avancent. Tans pis pour la Géorgie. Tans pis pour l’Union Européenne qui a un temps fait croire, qu’elle allait les sanctionner.
La Russie s’est relevée et rien ne l’arrêtera. Telle est leur mission.
Et tans pis si ils sont à la tête d’une armée matériellement arriérée. Tans pis si la démocratie n’est pas ce qu’elle aurait pu être et n’a en fait rien d’une démocratie. L’essentiel c’est d’avoir confiance et de l’afficher. La Russie a toujours fonctionné comme ça de toute façon non ?
"Nous avons assez de ressources matérielles et intellectuelles pour ne dépendre de personne » déclarait le Président Medvedev récemment.
Il y a sans nul doute une grande part de fantasme dans de tels propos. Pas de doute possible. Ces deux là sont bien les descendants de leur prédécesseurs au Kremlin.
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à 11:18