Jean Foyer, une figure majeure du gaullisme, du droit, du latin et des institutions
Lundi 06 Octobre 2008 à 12:00
L’un des pères de la Constitution de la Ve République s’est éteint la vieille du cinquantenaire de nos institutions. Hommage.
Lorsque le pape Benoît XVI était venu à Paris, les 12 et 13 septembre 2008, il avait fait une courte halte à l’Institut de France, une vieille institution composée généralement de vieilles personnes.
Servare unitatem Spiritus in vinculo pacis.Benoît XVI était en effet venu faire une visite de courtoisie à ses éminents collègues de l’Académie des sciences morales et politiques dont il est membre depuis son élection le 13 janvier 1992 au fauteuil du physicien Andreï Sakharov.Pour l’Académie des sciences morales et politiques, qui compte également le roi Juan Carlos 1er, le Premier Ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker et le Prince Charles (et également les anciens Premiers Ministres Pierre Messmer et Raymond Barre récemment disparus), c’est en effet un immense honneur d’avoir maintenant parmi ses membres un… pape.
Ce fut l’occasion pour une délégation d’académiciens de se rendre au Vatican le 10 février 2007 pour remettre à Benoît XVI une médaille de l’Institut à son effigie avec l’inscription suivante : « Servare unitatem in vinculo pacis » autrement dit : « Conservez l’unité de l’esprit par ce bien qui est la paix ».Jean Foyer académicien, latiniste et chrétienL’initiative de cette démarche revint à Jean Foyer, académicien depuis 1984, qui prononça donc l’allocution de circonstance au nom de ses pairs : « Notre Compagnie avait l’honneur insigne de compter parmi ses membres le successeur de saint Pierre, Vicaire de Jésus-Christ. Jamais événement d’une telle importance et d’un tel éclat n’était survenu dans notre histoire académique.
Il est peu de chance qu’il se renouvelle jamais. ».Jean Foyer, dont la foi catholique l’a fait vaciller lorsqu’il était Ministre de la Santé en 1972, à l’époque où la légalisation de l’avortement était réclamée par beaucoup de femmes (il renonça alors à ses fonctions ministérielles l’année suivante mais il fallut attendre l’élection de Valéry Giscard d’Estaing pour faire adopter la loi Veil).Jean Foyer, une « figure majeure du gaullisme », selon l’expression du Premier Ministre François Fillon, qui s’est éteint le matin du vendredi 3 octobre 2008, dans le 15e arrondissement de Paris, à l’âge de 87 ans et demi (il est né le 27 avril 1921).Jean Foyer a eu une existence très riche : à la fois juriste incontesté, latiniste distingué (un latiniste ne peut qu’être toujours distingué, tellement distingué qu’en recevant son diplôme de docteur honoris causa de la réputée Université d’Oxford, comme le rappelle "Ouest France", il fit son discours… en latin), gaulliste, résistant, homme de foi, amateur des chants grégoriens de son enfance...Jean Foyer juriste et constitutionnalisteProfesseur agrégé de droit, il commença l’enseignement dès 1943 à Paris, poursuivit à Poitiers, Lille puis à Nanterre, à Angers et enfin à Paris-Assas jusqu’en 1989.
C’est à ce titre qu’il fut nommé en été 1958 commissaire du Gouvernement auprès du Comité consultatif constitutionnel pour la rédaction de l’actuelle Constitution.Justement, ce mardi 7 octobre 2008, Jean Foyer aurait dû prononcer un discours sous la Coupole, en présence du Président de la République Nicolas Sarkozy, pour célébrer le cinquantenaire de la VeRépublique.Par ailleurs, Jean Foyer partagea ses compétences constitutionnelles en participant à la rédaction de quelques nouvelles constitutions d’Europe centrale et orientale.
Jean Foyer résistant et gaulliste de gaucheSa vie politique, il l’a véritablement commencée en s’engageant dans la Résistance très jeune, puis, après la guerre, en restant dans le sillon du gaullisme historique, tendance UDT (Union démocratique du travail, regroupant les gaullistes de gauche comme René Capitant), poursuivant ensuite dans les courants héritiers (RPR, UMP).Jean Foyer haut fonctionnaireIl conseilla des ministres dès l’âge de vingt-deux ans : auprès du gaulliste de gauche René Capitant alors Ministre de l’Éducation nationale (en 1944), puis auprès du radical Paul Joseph Marie Giacobbi (grand-père de l’actuel député corse Paul Giacobbi) Ministre de l’Éducation nationale (en 1945), enfin auprès du futur Président ivoirien Félix Houphouët-Boigny (en 1958) alors Ministre d’État.Jean Foyer députéUne fois la Ve République installée, il devint député le 7 mars 1959 en remplacement du député-maire d’Angers Victor Chatenay nommé par Jacques Chaban-Delmas au Conseil Constitutionnel nouvellement créé.
La suite à ce lien :http://rakotoarison.over-blog.com/article-23404198.htmlJean Foyer ministreJean Foyer et l’immigrationJean Foyer et la peine de mortSans complaisance pour les acteurs d’aujourd’huiLe gaullisme disparaît de plus en plus…
Aussi sur le blog.http://rakotoarison.over-blog.com/article-23404198.htmlSylvain Rakotoarison (4 octobre 2008)
http://www.rakotoarison.euPour aller plus loin :Mémoires de Jean Foyer (1944-1988).http://www.gaullisme.fr/bibliotheque.htm50 ans de la Ve République (4 octobre 2008).http://rakotoarison.over-blog.com/article-23257406.html
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