
Grenoble se cherche un Parrain
Lundi 29 Septembre 2008 à 08:48
La prison de Grenoble se trouve en périphérie de la ville. Maison d’arrêt de Varces. A 15 minutes du centre ville de Grenoble.
L’établissement date de 1972 et est prévu pour accueillir 200 détenus. Ils seraient environ 300 à ce jour.
Hier, alors que nous avons eu un dimanche d’été et que les alpes étaient bondées de randonneurs, un détenu a été abattu dans l’après-midi et un autre a été blessé dans la cour de la maison d'arrêt de Varces par un tireur embusqué à l'extérieur de l'établissement pénitentiaire. Les deux détenus étaient en promenade quand ils ont été pris pour cible.
La ministre de la Justice Rachida Dati, arrivée sur place dimanche soir, a indiqué que c'était «la première fois» en France qu'un détenu était abattu par un tireur posté à l'extérieur d'une prison.
«C'est un drame à chaque fois que quelqu'un décède en prison pour la famille, pour l'institution judiciaire et pour l'administration pénitentiaire», a-t-elle déclaré aux journalistes.
Au total «cinq coups de feu» ont été tirés depuis l'extérieur de la prison, depuis une colline surplombant la cour de promenade où se trouvaient les victimes, a-t-elle précisé.
Né en 1979, le détenu décédé était «lié au grand banditisme et devait être entendu dans une autre affaire d'assassinat», selon Mme Dati qui a refusé de préciser son identité.
Encore un règlement de compte dans cette véritable guerre des gangs qui sévit à Grenoble depuis de nombreux mois.
Grenoble, surnommé "la petite Chicago" dans certains milieux policiers a en effet connu plusieurs règlements de comptes à la Kalachnikov ces derniers temps.
Des bandes s'affrontent pour le contrôle du marché de la drogue. D'où le surnom de "petite chigaco" en raison des événements meurtriers des années 1920 lorsque la ville du Michigan était le théâtre de nombreux affrontements entre familles mafieuses.
Grenoble n'est pas la ville de Capone. Pour autant, la violence de ces règlements de compte n'en demeure pas moins impressionnante et inquiétante.
Hier, fait rare, le tireur présumé a été interpellé.
Agé de 58 ans et cambrioleur «multirécidiviste», il a été placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Grenoble, saisie de l'enquête. «Il nie les faits mais a été interpellé au moment où il récupérait sa moto, portant une fausse plaque d'immatriculation, et il avait un fusil à lunette encore chaud», a précisé Mme Dati.
Il se dit que la mafia Italienne qui autrefois régnait sur la ville ayant disparue, il se joue à Grenoble une "réorganisation" du milieu.
"Réorganisation" qui commence à couter chère en vie humaine en tous les cas.
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à 09:46