
Avantage Obama !
Samedi 27 Septembre 2008 à 09:49
Le débat a finalement eu lieu.Les républicains ont dû penser que ne pas y aller passerait pour une dérobade.McCain est passé à l'attaque, de façon souvent cinglante, contre Barack Obama ,plus défensif.
Moment fort de la campagne qui culminera, dans 38 jours, avec le scrutin présidentiel du 4 novembre. Thèmes imposés du duel de 90 minutes: la politique étrangère et la sécurité nationale. Mais tout le monde s'attendait, vu la crise financière et immobilière aux États-Unis, à ce que les questions économiques y soient abordées.
La stratégie de McCain était limpide: attaquer tous les fronts si je puis dire : l'Irak, l'Afghanistan, le Pakistan, l’Iran ou la Russie.
Il a multiplié les phrases assassines, ressassant que son adversaire était «naïf» et qu'«il ne comprenait pas». Avec le résultat qu’Obama, maîtrisant par ailleurs ses dossiers, a souvent paru sur la défensive mais, c’est important, est resté serein.
McCain en fin de duel: le sénateur de l'Illinois «n'a ni l'expérience ni le jugement nécessaire» pour devenir président. Attaque trop directe à mon sens.
Obama avait pourtant ouvert le débat en tirant les premières salves au sujet de la crise économique: «Nous devons reconnaître que cette crise est le point final de huit ans d'une politique économique erronée conduite par George W. Bush et soutenue par le sénateur McCain», a-t-il déclaré.
C'est sur le terrain de l'économie qu’ Obama s'est montré le plus sûr de lui. McCain se présentant comme un champion du contrôle des dépenses et de la lutte contre la corruption gouvernementale et financière, le démocrate lui a répliqué: «Que le sénateur McCain se présente comme un tenant du contrôle des dépenses est difficile à avaler compte tenu de l'orgie de dépenses et de déficits qui s'est produite sous les républicains.»
Ces débats sont toujours, au moins en partie, un dialogue de sourds. Obama a promis, une fois de plus, de réduire les taxes de 90 % des contribuables américains. McCain l'a accusé de vouloir gaspiller les fonds publics. Globalement, le débat a mis en évidence leurs différences sur le rôle de l'État, notamment en matière de soins de santé.
McCain a été le plus vociférant quand le débat est passé aux questions de politique étrangère, dont il a une longue expérience. Il multipliait les sourires narquois pendant que son adversaire, moins agressif, avait la parole.
Par exemple, Obama s'est dit prêt à des frappes militaires ciblées au Pakistan contre des terroristes, avec ou sans l'autorisation d'Islamabad. «Si les États-Unis ont al-Qaïda, Ben Laden, ou ses lieutenants dans leur viseur, et si le Pakistan ne veut pas ou est incapable d'agir, alors nous devrions les éliminer», a déclaré Obama.
Comme il a ridiculisé l'idée soutenue par Obama d'ouvrir le dialogue avec l'Iran. Vrai que les États-Unis ne pouvaient tolérer un Iran doté de l'arme nucléaire, a dit le démocrate, mais «nous devons aussi nous lancer dans une diplomatie ferme et directe avec l'Iran». McCain a raillé la «naïveté» d’Obama, affirmant qu'être prêt à rencontrer le président d'un État comme l'Iran, c'était donner une légitimité à ses propos.
BREF, Obama s’est plutôt bien défendu dans le domaine où il est considéré comme moins bon, et a su attaquer quand il le fallait.
Surtout il est apparu moins agressif, comme Sarko qui avait remporté le débat contre Ségo et comme Mitterrand contre Chirac.C’est bon signe pour la suite, car ces débats télévisés, que pour ma part je trouve trop mis en scène, ont le pouvoir de faire ou défaire une campagne. Pour le meilleur et pour le pire, l'impression que dégage un candidat est au moins aussi importante que ce qu'il raconte.
Il en reste deux, sans compter les débats entre les deux co-listiers (Palin vs Biden)qui promettent!
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à 10:53