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Annabel
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De la Françafrique à la Chinafrique

Samedi 20 Septembre 2008 à 09:46


Pub Kydiz

Hier en fin d’après-midi j’ai décidé d’occuper mes dernières heures de libre avant la reprise des cours en allant faire un tour à la Maison de la Culture 2 de Grenoble où se déroule la seconde édition du Forum Libération.
En fait ce n’était pas spontané comme je tente de l’insinuer car j’avais réservé une place pour un des débats depuis quelques temps.

J’ai donc assisté à « De la Françafrique à la Chinafrique » avec Michel de Bonnecorse (Ancien conseiller pour l’Afrique de Jacques Chirac) et Alain Hazoumé (Avocat congolo-béninois).

Je savais que les chinois commençaient à s’implanter en Afrique mais jamais je n’aurais cru que c’était à ce point. En guise d’introduction, j’ai donc appris avec stupéfaction qu’environ 750 000 chinois sont établis en Afrique et qu’ils y restent. Je veux dire, ils s’installent, créé des PME et des commerces etc…

Bien sur, ils sont également là pour les ressources du continent et notamment l’énergie et le minerais. Particulièrement au Soudan et en Zambie pour le moment.

Les deux débatteurs se sont entendus sur le fait qu’on ne peut pas encore, à l’heure actuelle, mesurer l’impact que vont avoir les chinois en Afrique.
Pour l’instant ils changent la forme. C'est-à-dire qu’ils font entrer un argent nouveau et qu’ils commercialisent leurs produits.

Ce qui est déjà ça car les africains peuvent prétendre beaucoup plus facilement à l’acquisition de matériel chinois type réfrigérateur ou mobylette qu’ils ne pouvaient le faire auparavant.

Mais sur le fond, est-ce que cette présence chinoise va réellement changer le cours de l’histoire africaine, impossible de se prononcer.

Puis le thème de la Françafrique a été abordé. On nous a expliqué que le ressentiment des peuples africains et notamment sa jeunesse ne cessait de grandir.
Pour deux raisons principalement selon M. de Bonnecorse, la première c’est la politique d’immigration terrible de la France et notamment avec les visas étudiants (contrairement aux universités chinoises qui accueillent les étudiants africains beaucoup plus facilement) et la deuxième c’est une déception profonde de voir que la France continue de soutenir des régimes politiques dictatoriaux et parfois sanguinaires.

Ce qui plane dans l’air en Afrique, comme le disait M. Azoumé, c’est une sorte de rancœur à l’égard de la France. Rancœur renforcée pour l’instant c’est certain, par l’arrivé des chinois et de leur argent.

Par contre, il est important de dire, et les deux débatteurs l’ont bien fait, qu’il ne faut pas trop s’avancer car l’ingérence de la France dans les affaires africaines est bien réelle mais l’ingérence chinoise dans la politique africaine va apparaître très vite si réellement l’Afrique devient un objectif stratégique majeur pour Pékin.

Or toute la question est : les chinois feront t’ils mieux que les français ?

Gageons que ça ne sera pas trop dur pour eux…

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Par NadiaCommentaire modéré par la rédaction de kydiz.com
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le 20/09/2008
à 10:18
Par NadiaTrès intéressant. J'en profite pour parler de la dette africaine qui me fait honte.


Quand j’entends ou quand je lis l’expression « dette Africaine » j’ai comme un sentiment de gêne affreux qui me parcour le corps.

Après leur indépendance de nombreux pays africains ont contracté des dettes auprès d’autres Etats, de la banque mondiale et du FMI. Les fonds empruntés étaient souvent destinés à la construction de grands projets d'infrastructure.

Il y a aussi eu, beaucoup de dettes de contractées suite au choc pétrolier de 1973 lorsque certains membres de l'OPEP ont décidé une forte augmentation du prix du pétrole qui résulta en un enrichissement considérable des États arabes producteurs, qui choisirent de confier l'argent ainsi généré à de grandes banques occidentales. Comme celles-ci ne voulaient pas laisser dormir ces sommes colossales, elles furent prêtées aux pays du tiers monde : c'est le recyclage des pétrodollars.

Les années 90 ont vu de nombreux spécialistes s’opposer à ce sujet. Beaucoup ont clamé l’injustice de cette dette contractée par des dictatures et dont les peuples ne pouvaient pas être tenus pour responsables. Ceux-ci demandaient l’annulation pure et simple de ces dettes. D’autres, se sont opposés à l’annulation en mettant en avant le fait que les pays ne devaient pas s’endetter sciemment au-delà de leur capacité de remboursement. Une sorte de morale quoi.

C’est finalement en juin 2005 qu’une partie de la dette a été effacé pour 18 pays pauvres très endettés. Cependant, on est loin d’avoir tout effacé et de nombreux pays du tiers monde, d’Afrique et d’ailleurs, restent dans des situations catastrophiques.

Je reste très choquée par ces dettes. En effet, après tout ce que l’occident a tiré comme richesse du continent africain, comment peut-il encore demander de l’argent ?

L’Afrique est dans un état affreux. Je ne veux pas tomber dans du « à qui la faute ?» à la con (sic).

Je veux juste que nous nous rendions compte que ces dettes sont immorales et qu’elles n’aideront pas les africains à relever la tête !

Dans une de ses chansons le chanteur Tiken Jah Fakoly dénonce cette histoire.

En effet, comment des pays qui ont été esclavagisés, colonisés et pillés peuvent ils en plus devoir de l’argent à leur ex spoliateurs?

La chanson s’appelle : « Ainsi donc l'Afrique doit du fric! »

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le 20/09/2008
à 10:21