
L'université française peut-elle rattraper son retard?
Vendredi 19 Septembre 2008 à 19:50
J’ai assisté aujourd’hui au débat entre Michel Destot (Député Maire PS de Grenoble) et Phillipe Gillet (Directeur de cabinet de Valérie Pécresse, elle-même Ministre de l’enseignement supérieur et de la recheche) lors du Forum de Libération à Grenoble.
Thème du débat : « L’Université peut-elle rattraper son retard ? »
Passionnant donc tant il y a à dire sur les facs françaises.
Michel Destot et Phillipe Gillet ont donc débattu de ce qui n’allait pas dans nos universités et du triste constat qu'en fait le classement de Shangai (classement académique des universités mondiales par l'université Jiao Tong de Shanghai)qui place la France très loin derrière les universités des autres grands pays occidentaux et asiatiques.
De ce qui manquait, de ce qu’il fallait ajouter pour faire de nos facultés des pôles attractifs et reconnu dans le monde entier.
Comme le soulignait à juste titre le Maire de Grenoble, les facultés sont non seulement l’avenir d’un pays, mais elles sont aussi sa vitrine. Leur rayonnement s’étend bien plus loin qu’au seul domaine de l’enseignement.
Les deux débatteurs en sont bien sur venus à parler de chiffre. M. Gillet n’a pus qu’admettre que les quelques 6000 euros dépensés par étudiants et par année en France n’était pas assez. En effet, la moyenne des pays de l’OCDE est de 12000 euros par an par étudiant, soit le double.
M. Destot qui parlait plus des facultés et de l’urgence d’agir que des décisions des uns et des autres a d’ailleurs précisé qu’il trouvait « intelligent » le plan campus mis en place par Valérie Pécresse.
Pour mémoire ce plan campus vise à créer en France dix pôles universitaires d'excellence de niveau international en consentant des efforts financiers.
Votre serviteur, a, au moment venu des questions de la salle, mis le doigt là où, à mon sens le bât blesse.
En effet, j’ai demandé à ces Messieurs et particulièrement à M. Gillet s’il ne pensait pas que le problème des universités françaises ne résidait pas dans l’enseignement ou l’encadrement de l’étudiant mais plutôt dans les conceptions de nos facultés elles-mêmes.
M. Gillet a parlé d’adapter pour la énième fois l’enseignement. Mais ce n’est pas le problème. L’enseignement est de grande qualité comme il l’a toujours été en France.
Puisque tout le monde prend toujours en modèle les universités Anglo-Saxonnes, il est important de comprendre que les facs anglo-saxonnes fonctionnent car les élèves sont motivés !
Contrairement à chez nous. Pourquoi le sont-ils ? Pas parce qu’ils bénéficient d’un meilleur enseignement mais parce que la fac est un endroit agréable où on a envie de rester et d’évoluer.
Un jeune entre 18 et 25 ans ne recherche pas uniquement une formation mais aussi un contexte ! D’où le succès des écoles de commerces françaises par exemple.
Après cette question, M. Gillet s’est contenté de répondre qu’il était d’accord avec ce constat mais que c’était aux étudiants français de se mobiliser pour créer cette ambiance et ce contexte.
Donc il n’a rien compris. Bien entendu qu’il faut que les étudiants se bougent pour faire de leurs campus des lieux attirants.
Mais il faut surtout des moyens !
Pour qu’un campus soit attractif il faut qu’il soit salubre. Qu’on ne se fasse pas agresser après 18h dans les cités U, qu’il y ait un sentiment d’appartenance à son campus ! Comment faire envie quand il n’y a même pas de craies dans les salles de cours…
Tant que les facs seront considérées comme un « dépotoire » pour tous ceux qui ne savent pas quoi faire, leurs formations, si bonnes soient elles, n’attireront pas et les entreprises continueront de dénigrer les études universitaires.
Pour en finir et parce qu’il faut être honnête, Michel Destot est revenu sur mon intervention et rappelant qu’il envisageait les choses tout à fait de cette manière et en insistant sur le fait qu’investir dans des campus dignes de ce nom ne serait jamais vain.
Malheureusement ce n’est pas lui le ministre…
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Après pourquoi les facs on une si mauvaise image? Parce que les gens qui y sont font tout le temps la gueule!
Les campus anglais par exemple sont loin des villes et tous les étudiants y passent leur années. Résultat il y a une super ambiance et c'est attirant. Donc les gens y vont et bossent car ils veulent y rester... On a fait des universités en France qui ne correspondent pas aux jeunes occidentaux que nous sommes, qui acceptons de bosser mais qui veulent aussi s'amuser!
à 22:17