
Pakistan inquiètant
Mercredi 20 Août 2008 à 21:29
Enfin notre média à nous est de retour, ça fait plaisir !
Par contre, je suis toujours de la même humeur et je continue de voir dans le monde actuel, des dangers à chaque coin de rue, ou plutôt à chaque frontière.
Le débat ces jours-ci porte sur la situation en Ossétie du sud et à l’Afghanistan. Il est tout à fait légitime de s’inquiéter de ce qui se passe là bas et d’être ému du sort des soldats français. Cependant, je tiens moi, à parler du Pakistan et de la démission contrainte et forcée du président, général et dictateur Pervez Musharraf.
Comme vous avez pu le voir, suite à une procédure de destitution lancée par la coalition gouvernementale au pouvoir au Pakistan contre le président, Pervez Musharraf a donné sa démission. Celui qui était arrivé à la tête du pays lors d’un putsch en octobre 1999 n’est donc plus à la tête du Pakistan, pays de quasi 200 millions d’habitants (160 officiellement) et qui possède entre autre, l’arme nucléaire.
Cette démission n’est pas une grande surprise car les dernières élections avaient vu les opposants (le Parti du peuple pakistanais, le parti des Bhutto) grandissime vainqueur et tout le monde attendait que Musharraf s’en aille. Cependant, et même si les Etats-Unis ont cautionné (bien entendu) ce départ, il me semble qu’il faille sinon s’inquiéter mais au moins se préoccuper de l’après Musharraf. Je pense que cet « agent américain » ne se préoccupait pas beaucoup de son peuple, mais il tenait les rênes d’une main de fer. C’est triste à dire mais parfois, la démocratie n’améliore pas la situation, regardez en Palestine…
Vous me direz que ça n’a rien à voir et vous n’aurez pas tout à fait tort. Mais il est bon de rappeler quand même, que la démission de Musharraf intervient dans une période particulièrement difficile pour le Pakistan qui est en proie à une grave crise économique et à la perte de confiance des électeurs dans une classe politique minée par la corruption. Les deux partis de la coalition, composés d’ennemis héréditaires, peinent à s’accorder sur un programme cohérent de gouvernement tandis que le pays doit faire face à une vague d’attentats islamistes sans précédent, qui a fait plus de 1 200 morts en un an, excusez du peu.
Et puis il ne faut pas oublier que les terroristes d’Al-Qaeda ont trouvé refuge dans les zones tribales où les talibans afghans (qui reviennent en force) ont également une grande influence. Pervez Musharraf n’avait pas que des défauts non plus. Laïc convaincu, il a notamment contribué à l’ « émancipation » des femmes au Pakistan et avait jusque là, réussit à tenir à distance de l’appareil militaire et de son arsenal nucléaire, les éventuels terroristes.
Le Pakistan reste selon moi, un danger bien plus grand que l’Iran. Et aujourd’hui plus que jamais !
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à 08:42