
Où sont passées les belles affiches d'antan ?
Lundi 23 Juin 2008 à 11:10
Quand on pense à un film, les premières images qui nous viennent en tête sont généralement celles du film en lui-même, celles que nous avons apprécié lors du visionnage. Pourtant, ces images ne sont pas forcément les premières que nous ayons pu apprécier et la logique voudrait que ce soit en fait
l'affiche du film qui incarne notre premier lien à celui-ci. Que ce soit elle qui nous ait donné envie de voir le film, qui nous ait convaincu de nous enfermer dans une salle obscure avec des gens que l'on ne connaît même pas.
Cependant, les temps étant ce qu'ils sont, les médias se sont tellement diversifiés que presque n'importe qui peut avoir accès, quand il le veut et
quasiment où il le veut, à toutes les bandes-annonces qu'il désire, toutes les
photos de production, des résumés, des news, des ragots et tout le bataclan.
Les affiches n'ont ainsi dès lors plus réellement besoin d'être attractives
comme autrefois, elles n'ont plus à rameuter les gens dans la salle mais se
contentent d'être purement racoleuses, utilitaires, et, pour la plupart, osons
le dire, laides !
Un élément fort dommageable que l'on retrouve désormais sur quasiment
l'intégralité des affiches cinéma est l'utilisation, en guise d'illustration,
de photos de productions. Cela nous ramène au défaut précédemment cité puisque,
à partir de ces photos, on se contentera bien souvent de régurgiter un montage
de faciès. Il va sans dire que l'affiche n'en sort pas grandie. Comment dès
lors ne pas déplorer la disparition du travail manuel, la main d'un dessinateur
qui va donner au film une identité propre, plus stylisée, renouant avec la
fonction de "grand spectacle" à l'ancienne. Qu'on sente que cet objet
publicitaire a été le fruit d'un travail véritablement réfléchi et non d'un
quelconque bidouillage sur Photoshop. Une façon de faire qui rattrape même les
défauts qu'aurait un empilement de visages, comme le démontre de fort jolie façon la campagne publicitaire des derniers Star Wars ou encore du
dernier Indiana Jones et qui nous convainc ainsi de sa supériorité esthétique. On ne peut que déplorer, aujourd’hui, la quasi-disparition des jolies
créations dessinées/peintes qui étaient légion dans les années 70/80.
Bien évidemment, toutes les affiches ne se complaisent pas dans ces
critères hautement répulsifs ou sérieusement déprimants et l'on en trouve
encore régulièrement qui vont aguicher notre regard, le caresser dans le sens
de la cornée. Régulièrement, nous avons même de petits bijoux qui nous
parviennent, chatoyantes au regard, nous rappelant que le cinéma est avant tout
un art de l'image. Cependant, nous ne pourrons nier un appauvrissement réel des
méthodes de communication apparu depuis quelques années. Non pas que le cinéma
soit devenu entre-temps une machine uniquement commerciale - telle a toujours
été en partie sa nature - mais peut-être que cela est le fruit d'un
désintéressement de la part des créateurs sur cet aspect, d'une réflexion se
cantonnant au pur aspect pratique.
Aujourd'hui, les affiches semblent plus catégorisées avec l'usage fréquent des gros plans des principaux acteurs ajoutés aux effets explosifs pour faire bonne figure et se faire remarquer dans la masse des sorties. Sans généraliser, reconnaissons que le phénomène est courant, et qu'au-delà de l'aspect graphique artistique d'une affiche, il faut bien entendu "vendre" une proposition de film.
Dommage, peut-être, que la communication se soit emparée si vastement de ce magnifique terrain de création ?
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