
Vaccin contre le cancer du col de l’utérus
Lundi 23 Juin 2008 à 10:10
En France, le cancer du col de l’utérus est responsable chaque année d’un millier de décès. Cette maladie se développe à partir de lésions dites précancéreuses provoquées par certains virus. Mais désormais, un vaccin offre une protection sur le long terme contre les plus nocifs de ces intrus.
Deux vaccins, Gardasil développé par Merck et Sanofi-Pasteur-MSD, et Cervarix par les laboratoires GSK offrent désormais une protection contre le cancer du col de l’utérus. Face à cette maladie qui touche 500 000 femmes chaque année dans le monde, ces résultats représentent un véritable espoir.
La chasse aux papillomavirus...Différents types de virus, de la famille des papillomavirus humains (PVH), sont à l’origine du cancer du col de l’utérus. Aujourd’hui, le frottis cervical permet de dépister ces infections sexuellement transmissibles qui dans la plupart des cas restent latentes ou sont bénignes. Mais ces infections peuvent également évoluer en lésions précancéreuses, puis si elles ne sont pas traitées, en cancer du col de l’utérus. On dénombre ainsi chaque année 258 000 décès dans le monde, dont 1 000 en France. Les papillomavirus présents dans 80 % des cas n’ont pas tous le même pouvoir cancérigène. Le plus nocif est sans conteste celui de type 16 (HPV-16), impliqué dans 50 à 60 % des cancers du col.
Seul bémol de la stratégie de dépistage par frottis, elle implique un très grand nombre d’examens qui ne bénéficient qu’à une minorité. En effet, un maximum de 3 % des femmes porteuses de papillomavirus développera un cancer. Ainsi la mise au point d’un vaccin efficace pourrait demain déboucher sur une autre stratégie de prévention.
A qui le réserver ? A priori, il s’adresserait en priorité aux jeunes adolescentes, avant le début de leur vie sexuelle. Les adolescents pourraient également être sollicités, car bien que ne souffrant pas directement de cette infection, ils servent souvent de "réservoir" et peuvent la transmettre. Son autorisation européenne prévoit une administration possible dès l’âge de 9 ans. Le 9 mars 2007, le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France (CSHPF) et le Comité technique des vaccinations (CTV) recommandent la vaccination généralisée des jeunes filles de 14 ans contre les Papillomavirus Humain (types 6, 11, 16, 18). Ce même avis recommande de proposer la vaccination également aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard, dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle. La Sécurité sociale remboursera donc à 65 % chaque dose du Gardasil dont le prix s'élève à 135,59 € TTC. Le schéma de vaccination nécessite trois doses.
Ce vaccin nécessitera-t-il des rappels ? Les études reposent sur un vaccin administré en trois doses sur une période de six mois. Même si son efficacité reste très élevée, elle semble légèrement diminuer avec le temps. Le suivi des patientes vaccinées sur le long terme permettra de mieux évaluer l’utilité d’un rappel.
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