
Gordon Brown a du mal
Mardi 03 Juin 2008 à 08:56
Pas facile de succéder au champion de la popularité, Tony Blair… Onze mois seulement après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, est à la peine. Il est même menacé par son propre camp. «Nous sommes en chute libre, reconnaissait la semaine dernière un ministre au quotidien The Guardian. Nous devons arrêter l’hémorragie.» Pour y parvenir, certains travaillistes sont prêts à envisager une solution des plus radicales : sacrifier la tête de leur leader sur l’autel du parti.
Car l’Ecossais a perdu la confiance des Britanniques. Pour preuve, la Berezina aux élections locales encaissée le 1er mai. Le Labour enregistrait 24 % des voix, son plus mauvais score depuis quarante ans, et lâchait, en chemin, les rênes de la capitale. L’emblématique Ken Le Rouge laissant place à l’extravagant et ex-journaliste Boris Johnson.
Aujourd’hui, et cela avant les élections générales prévues pour 2010, l’impopularité grandissante de Brown inquiète tout le parti travailliste.
Sauf que Gordon Brown n’a pas dit son dernier mot. Après avoir sagement attendu son heure durant les 10 années de Blair au poste de premier ministre (1997-2007), il tient enfin le poste et il ne veut pas se laisser abattre par des sondages très bas. Forgé par les épreuves - il a manqué finir aveugle après un accident et perdu un enfant en bas âge -, le Premier ministre est un battant, assurent ses amis, balayant d’un revers de main les rumeurs de dépression.
Le fait est qu’on peut lui reconnaître quelques excuses. La première est bien sûr le contexte mondial et la crise économique latente. Il n’en est pas le responsable direct. La seconde est que Blair ne lui a pas laissé la « maison » rangée et en bon état. Les belles années Blair ont aussi laissé derrière elle un Royaume-Uni où les écarts entre pauvres et riches n’ont jamais été aussi grands, un Royaume-Uni engagé dans une guerre interminable en Irak, et surtout une opinion publique devenant de plus en plus critique envers les travaillistes.
Contexte pas évident donc pour Brown, mais je trouve qu’il tient la route moi…
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Il peut être un battant, un vertueux un homme idéal même (en tout cas vu de la presse), les mots sonnent creux lorsque le peuple est dans la merde. (Tout parallèle avec l’hyperprésident serait, of course, bienvenu!)
à 09:26