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sushi
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Dans le bain (2)

Vendredi 30 Mai 2008 à 20:11


Pub Kydiz

Quand l'aube se pointe on essaie donc de passer : rien à faire !

Donc, on décide de descendre en rappel sur une autre petite vire, à deux mètres de l'eau et de faire signe aux rares bateaux. Après tout, entre marins... (on est aussi marins tous les deux).
Force est de constater, au bout de deux heures de gesticulations, que personne ne nous ouït ni ne nous voit.

Alors, voilà ! On est en hiver, il est onze heures, il faut y aller! On mange nos quatre derniers biscuits, maigre pitance pour affronter Mare Nostrum en hiver. On a décidé d'y aller tout habillés, pour avoir moins froid, avec le sac à dos vide, on se dit que ça pourrait aider à flotter. On a laissé tout le matos accroché au bout d'une corde, des fois qu'on pourrait revenir le chercher. Puis c'est moi qui m'y colle, je dois sauter à la baille le premier et je dois dire mes impressions à Michel.
Cruelle désillusion, elle est quand-même très froide. Je suis saisi, j'arrive pas à parler ! J'hésite quelques instants puis je lui fais signe: ok, tu peux venir ! De toute façon, impossible pour moi de remonter, c'est trop dur!

Nous voilà donc partis. D'ici on voit un cap assez loin vers l'Est, et derrière on sait pas où est la calanque d'En Vau. Le courant est contre nous, on progresse pas vite; à ce rythme c'est pas gagné mais les dés sont jetés,on n'a pas le choix, donc on nage, longtemps, longtemps.
Je m'inquiète, Michel est trop lent (je saurai après que son sac fait office d'ancre flottante), du coup je décide de ne plus l'attendre , il vaut mieux que j'avance, il faut à tout prix que j'arrive à En Vau ,je reviendrai le chercher avec un bateau. Ne nager ni trop vite pour éviter les crampes, ni trop lentement pour pas passer en hypothermie.

Enfin je m'approche du cap! J'ai hâte de voir comment c'est derrière. Putain de courant, je redouble d'efforts, je sais pas si je vais y arriver. Michel, lui, me dira qu'il a pensé, en regardant les goélands, qu'ils commenceraient par lui bouffer les yeux.

Mais ça finit par passer, je suis de l'autre côté, le courant ne me gêne plus. Au loin j'aperçois un petit bateau, au large de la calanque que je devine derrière. Moral à bloc, y a plus qu'à gérer, une demi-heure peut-être un peu plus mais le plus dur est fait. Quand j'arrive à deux cents mètres du bateau, je vois qu'il pêche, je commence à gueuler. Il finit par m'entendre, range son matos et démarre le canote pour venir me chercher. Du moins j'espère, pourvu qu'il m'ait vu ! Ouf c'est good, il vient vers moi. Il est facteur à Aubagne, il a pris son aprèm pour aller à la pêche, quelle bonne idée!

Je monte péniblement, je tremble de partout, j'ai du mal à parler mais je lui dis: vite, faut aller chercher mon pote,ça fait bien deux heures qu'on est dans l'eau, le temps est compté ! On l'a retrouvé, il avait largué son sac à dos et avançait un peu mieux maintenant. Je crois bien que le pire eût été qu'il se fût noyé car j'avais pris le risque de le laisser derrière, me disant qu'il en fallait bien un qui rallie la terre ferme pour sauver l'autre. Avec le bateau du postier, on est retournés jusqu'à l'endroit où on s'est mis à l'eau et on a même pu récupérer toutes nos affaires. En arrivant sur la plage d'En Vau, il y avait les marins-pompiers de Marseille qui s'entraînaient (ce sont eux qui font les sauvetages dans les calanques).

Ils nous ont donné à boire et à manger, nous ont demandé d'où on venait, où on avait buté, et ils nous ont dit qu'ils allaient fréquemment treuiller des grimpeurs, à cet endroit précis. Ils étaient épatés qu'on s'en fût sortis sans les déranger; d'après eux, l'eau était à douze degrés.

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Par OlympeEt Dieu créa Sushi et le don de survie....
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le 31/05/2008
à 17:20